•   Dans un des ces grands enchaînements de formes et d’images suscités par une recherche d’inspiration, qui d’impact en impact vient imposer à l’esprit plusieurs déclinaisons pertinentes et ravive certains désirs passés, je suis retombée sur une photo du groupe Au Revoir Simone où Heather d’Angelo porte une robe qui me plaît énormément.

    Robe Heather

    Robe Heather 2

      C’est toujours un exercice intéressant que de réexaminer quelques années plus tard des photos qui m’avaient plu ou intrigué. Tantôt je trouve que la chose montrée manque de finesse car mes goûts et ma manière d’appréhender le vêtement ont évolué, tantôt elle correspond à une veine déjà exploitée et délaissée, et, ponctuellement, ce qui me parlait dans une image semble toujours me transmettre le même message et susciter le même désir, à plusieurs années d’intervalle.
    C’est le cas de cette image, retrouvée en traquant un modèle peu photographié de Samantha Pleet. Modèle qui apparaît dans une vidéo girly à souhait (vers 1'10") dont la bande son est d’Au Revoir Simone.

    Robe Liberty Samantha Pleet

    Si toi aussi tu as pensé 'Banksia' tape dans tes mains et fais 3 tours sur toi-même

       A priori, personne n’a envie de ressembler à un Pierrot gourmand qui viendrait de se faire arracher le bas de sa robe par un molosse en furie. Mais dans la vidéo, la couleur était différente (et pas moyen de retrouver ce modèle sur le net, justement) et il y avait un truc qui se dégageait, cette dynamique qui donne envie de voir comment c’est quand on est à l’intérieur.
    Donc, le côté papillon massif du col m’a plu. Et pour la robe d’Heather - dont je ne conais pas la griffe, s'il y en a une -, je crois bien que c’est l’alchimie entre le classique (chemise blanche, lavallière), le contraste (noir sur blanc, le cheminement de l’œil entre le col large et profond et la lavallière détendue), et la nonchalance (l’aisance de la robe un peu froissée, le pendouillement de la lavallière).

      J'avais trouvé le coup de pied au cul (ce que les gens délicats appellent l'inspiration) qui allait me mettre en branle pour le projet suivant. Première question : robe ou haut ? Je n'avais pas envie de passer des plombes sur un patron de robe aux élargissements hasardeux, j'ai opté pour un haut en coupant la poire en deux entre élargissement corsage et chemise, dessiné un col plat bien large et pas trop rond et ajouté deux plis plats de chaque côté. Pour le tissu il fallait quelque chose de clair mais je ne voulais pas de blanc; j'avais dans le sac à recyclable deux pantalons usés bien patinés de monsieur dans les tons mastics, dans lesquels j'ai donc taillé (pas assez de tissu pour des manches, mais ce n'est pas bien grave) les pièces, et un reste de coton noir soyeux pour la lavallière. Pour ajouter un peu de piment technique, une patte de boutonnage cachée, jamais faite jusque là.

      J'aurais pu faire le col un poil plus large derrière (ne voulant pas d'un large col uniforme à l'arrière j'ai retenté quelque chose d'artisitique, ahem) et la lavallière un poil plus longue. Le seyant est impec, mais j'ai triché en rognant sur les marges de couture au niveau des hanches. Le tissu assez épais fait que le tout ressemble plus à une saharienne qu'à une chemise légère, mais je pouvais le prévoir et je l'aime bien comme ça. Et ainsi, ça ne ressemble pas à du pur recopiage.
    Je me suis un peu fais ièch à faire boutonnière du haut à cause des 2 pattes déja fixées ensemble au sommet.

    Tiffany

    Haaaaan..... Faaallait pas ..... ?

    Heureusement j'ai l'habitude de les faire sans pied spécial (l'oasis dans la paume de ma main, toujours).

      Et voilà le résultat :

    Il était une fois dans l'Ouest   (toi aussi, identifie la burda touch' dans cette photo)

    Bonjour Simone !

    Bonjour Simone !

     
    Bonjour Simone !


     Bonjour Simone !

     
    Bonjour Simone !

     
    Bonjour Simone !

     
    Bonjour Simone !

    Papa, maman, je vous présente Tiery...

    Bonjour Simone !

     
    Bonjour Simone !

    Woptic 20000000000000 !!


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  •   Ce qui était à l'origine de ce projet : une combi à tissu à motif clair type liberty aperçue chez une petite fille, avec jambes longues, smocks et « woulo straps* » ; une image qui s’était gravée comme l’essence de la combi d’été sympa, quoi.
      Comme cette vision date un peu, j’ai cherché ce qui se faisait dans le commerce pour raviver cette image du sympa et verser du vinaigre dans les plaies oculaires des combis mal fagotées, et puis parce qu’à la réflexion, je n’étais pas sûre de vouloir des smocks et des jambes longues…

    Le combishort caniculaire

      Voilà comment j’en suis arrivée à cette première proposition :
        - non moulant en évitant le surplus de tissu qui dégueule à la taille
        - élastiqué à la taille
        - décolleté raisonnable devant et dos
        - short assez court et échancré sur les côtés
        - la lecture des billets de Mimolette sur son futur combishort de la mort à nouette(s ?) a suscité le "ha tiens pourquoi pas" à l’origine des nœuds aux épaules et donc des liens assez larges. A trend is born.
        - de la dentelle glissée et froncée entre le corsage légèrement froncé (j’y peux rien, je suis dépendante) et le parement du décolleté. J’ai conscience que les lois du minimalisme condamneraient formellement cet ajout, mais je voulais voir ce que ça donnait avec et j’avais pile ce petit morceau d’une couleur pas trop claire, c’était donc son heure ou jamais.

    Le combishort caniculaireLe combishort caniculaire

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


      Le short est en fait basé sur la transformation jupe culotte de la base jupe d’Esmod pour le tracé de la fourche. J’ai ajouté 3cm à la longueur du tronc pour permettre l’accroupissement.

      Voilà un projet dont la toile a du coûter plus cher que le produit fini car j’ai utilisé une pièce de tissu africain genre commerce équitable offerte par ma sœur. Une bonne intention, mais il déteignait comme un cochon sur ma peau, et sa couleur ne m’inspirant pas, je n’arrivais pas à voir ce que j’allais pouvoir en faire. Alors en voilà un à propos duquel on cessera de se tourmenter…

    Le combishort caniculaire

      J’ai abaissé la taille, raccourci le short et la longueur des nouettes, puis suis allée acheter le tissu que j’imaginais plus clair, mais c’est celui-ci qui m’a plu.
      Les parements ne sont pas thermocollés pour ne pas tuer la vitalité de la nouette, du coup ils n’ont pas l’air hyper-nets devant. Quant aux poches, si leur protubérance n’est pas sans évoquer l’infortune de Tilly lors du * 1er épisode des Sewing bees, ce n’est pas parce que leur couture s’est détendue, mais à cause des fronces de taille. Je n’y avais pas pensé !

    Le combishort caniculaire

    Le combishort caniculaire

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

      Bilan : satisfaite, mais sa légèreté et le short très court le feront réserver aux grandes chaleurs. Et puis il y a ce problème inhérent au combishort qui est de te carrer la culotte dans la raie des fesses chaque fois que tu te baisses un peu, bon sang je hais cela !

    Le combishort caniculaire
    Et maintenant plus que 3 mètres de tissu rouge à utiliser !

    Les présentations étant terminées, je m’en retourne dans ma grotte pour fignoler un deuxième combishort-chemise qui s’annonce comme une copie conforme du modèle rayé de Samantha Pleet, le cure-dent anémique en moins à l’intérieur.


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  • Option chemise

    Les combishorts sont lâchés

     Urban Outfitters / Mango / ? / Sisley Motel / Samantha Pleet / 3 Suisses

    Option légèreté

    Les combishorts sont lâchés

     Pepe Jeans / Naf-Naf / Sessùn / Puma / Maezumzum sur T&N / Samantha Pleet

    Option façon robe

    Les combishorts sont lâchés

    Oasis / River Island / Samantha Pleet / Mango / Sugarhill / Topshop


    C'est intéressant de comparer les différents systèmes de résorption de tissu à la taille et les effets qui en découlent : pinces ou plis avec braguette ou boutonnage, ceinture, coulisse avec lacet, élastique sur tout le tour de taille ou seulement sur une partie...

    On notera la nomination à trois reprises de Samantha Pleet, la spécialiste brooklynite du mini mini wouah wouah. Il est probable qu'on la voie repasser par ici prochainement.

    A l'origine je cherchais des petites choses dans le goût du deuxième tableau, mais mon amour des chemises essaye de me soudoyer. Qui va gagner ? Il va falloir trancher, et il y a tellement d'options que je pense essayer de décliner 2 modèles différents.


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  •  I. Le projet

    Ils étaient faits pour s'aimer

     

    C'est ainsi, les restes des deux derniers projets semblent s'entendre à merveille, et ils veulent partir ensemble en colonie de vacances. Sur le dépliant, ils ont vu le haut à fleurs de Bonnie, c'est là qu'il veulent aller. Ils s'y voyaient déjà :

    Ils étaient faits pour s'aimer

    Mais là je leur dis les gars c'est moi qui vous conduit, ce sera l'été et il fera chaud, et je vous rappelle que le fleuri monte à l'avant et que le jaune pourra s'étaler sur les côtés de la banquette...

    Ils étaient faits pour s'aimer

    tissu + corps humain + soleil -> tissu + H2O

    Il sera plus sage de mettre une sécurité enfant !

    Ils étaient faits pour s'aimer

    Et bien entendu, il ne me reste pas de morceau assez grand de tissu fleuri pour faire tout ça d'une pièce.
    A suivre...

    II. Le patron

    Je suis partie de la base corsage à découpe bretelle avec élargissement. Au départ je voulais déplacer la pince poitrine dans la couture de l'empiècement jaune, mais comme ce dernier ne remontait pas jusqu'à la poitrine c'était mort.

    Sur l'autoroute des vacancesSur l'autoroute des vacances

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


    Le défi était d'arriver à patronner les plis de l'épaule et les mancherons en gardant une emmanchure suffisamment large pour être à l'aise, sans que le bas de l'emmanchure descende en dessous de la ligne de poitrine. J'ai essayé un truc, fait une toile juste pour l'emmanchure, corrigé, redessiné le patron et découpé les pièces dans les petites chutes.

    III. Le vêtement terminé

    J'ai ajouté un biais à l'encolure sinon cela faisait trop mou et tristoune, et j'ai creusé l'encolure d'environ 2cm par rapport au patron. Les mancherons semblent vouloir se contorsionner à leur aise malgré le repassage. Pour la fermeture, j'ai opté pour une glissière à double curseur au dos. Enfin j'aurais aimé, parce que ça coûte la peau du cul et qu'en plus il n'y avait pas mon cher jaune.

    Sur l'autoroute des vacances Sur l'autoroute des vacances

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


    J'ai étrenné mon pied à poser les fermetures à glissières lambda. Sachant que ça fait huit ans qu'il est dans mes affaires et que j'ai un nombre très limité d'accessoires, on pourra déduire que je suis un gros porc avec un palmier dans la main sans prendre trop de liberté avec la vérité !

    Sur l'autoroute des vacancesSur l'autoroute des vacances


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  • Robe jaune côté

      Etape n°3 pour la robe d'inspiration marine : dessiner le patron. Comme il me restait à tenter la déclinaison en robe du patron de base fait à mes mesures, j'ai procédé à l'élargissement robe, dans lequel j'ai ensuite dessiné la découpe des pièces pour que cela corresponde au dessin technique. Le déplacement des pinces poitrine fut un moment propice à la méditation... Au jour férié suivant, j'ai fait une toile d'après tous mes petits bouts de patron (16 pièces plus la parementure), pour constater qu'il allait mieux valoir que je parte de l'élargissement corsage et tout redessiner si je voulais la robe aussi cintrée que dans mes rêves. J'en ai profité pour corriger l'échancrure du dos et caler la profondeur du col.

      Le week-end suivant, j'ai sacrifié un beau coton jaune de chez BGF d'une couleur aux vertus antidépressives. Sérieusement, à chaque fois que je regardais ce coupon resté plié sur ma table un certain temps, sa luminosité parfaite me mettait de bonne humeur. Alors qu'à côté de ça j'ai un dessus de lit couleur jaune d'oeuf qui m'a toujours semblé trop saturé pour me faire cet effet, et que le jaune citron est trop froid pour être caressé longtemps du regard. Bref. Je ne voulais pas en faire n'importe quoi de ce coupon, mais je me suis dis qu'il en resterait à la brocante, et que ce projet méritait le meilleur, et que la chance allait tourner, et que j'allais faire une toile nickel, etc.

    chaine trame jaune

    Chaîne jaune couvre-lit + Trame jaune citron
    =
    Le secret de la bonne humeur

      Et c'était du très bon tissu à toile en vérité, même que je retournerais volontiers assécher le rouleau pour en faire mon tissu à toile officiel. Et donc cette toile avec parementure s'est rapidement révélée être une sérieuse concurrente à l'hypothétique robe finale. Ben oui, je suis comme ça, une fois que je suis suffisamment contente d'un bricolage et que j'ai vu si ça pouvait donner ce que j'espérais que ça pouvait donner, c'est difficile de me bouger davantage les fesses dans l'ultime effort pour obtenir le projet super-shiny dans son aboutissement plus-que-parfait.

      Sur cette toile, j'ai seulement eu à ajouter 2 pinces au dos. Dilemme : pinces droites qui cassent l'ondulation à la taille, ou pinces obliques au mépris de l'orthodoxie pour une ondulation de taille préservée. Et comme l'ondulation de taille est un peu l'argument de vente... en fait, ces pinces obliques rendent assez bien (Coué ? quesse qu'è dit?). Enfin ça donne le galbe que je voulais quoi. Par contre, force est de constater que le cul à tendance à remonter et former un pli. La faute à ces pinces supplémentaires pas placées comme le patron l'aurait calculé ? En tout cas sur la version définitive j'approfondirai les 2 pinces existantes sans en ajouter de secondaires.

    Miaou Miaou

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

      Le col une fois réalisé avec 2 morceaux et non avec un misérable lambeau sans tenue, avait une tête bien portante qui faisait plaisir à voir. En réaction à la pénurie de zip dans le tiroir, j'y ai pris des boutons jaunes (couvre-lit) et ai improvisé une patte de boutonnage en vagues en grattant sur le surplus de couture. Je ne trouvais pas la jointure du col tip top, à cause des ridules des coutures à la main, et des liens qui laissent une impression de vide noués en noeud simple. Mais un noeud décoratif s'y déploie plutôt joliment.

    robe jaune boutonnage robe jaune devant

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    1 cm de marge de couture, il semble que ce tissu
    soit un peu transparent...

     

    Let The Sunshine In 

                Let The Sunshine In

     

     

     

     

     

     

     

     

      L'inconvénient de cette robe, c'est que les épaules ont tendance à flotter et glisser un peu sur le côté. Et vu que le dessin a été étudié pour ne pas révéler les bretelles du soutif c'est un peu ballot. Pour remédier à ce problème, il faudrait diminuer la largeur du col pour pouvoir rapprocher les épaules du centre et conserver le dessin du col sur la peau nue.


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